Plusieurs
« gauchistes » se plaignent du traitement de l’information par les médias
traditionnels. Les trouvant parfois soit trop complaisant avec la droite, soit
trop porté à défendre les intérêts de plus riches et laissant complètement les
préoccupations des personnes, de la classe moyenne, sauf pour les divertir.
Comme si l’information était seulement pour ceux qui la méritent, soit les «
bienpensants » de notre société. Les faits leur donnent peut-être
raison...
Quand on regarde les faits, on constate qu’au Québec, les
principaux médias sont contrôlés par deux principaux groupes. Québecor Média qui
contrôle le journal de Mourial et de Québec ainsi que plusieurs médias locaux
(c’est sans parler de la télévision, Vidéotron, les revues, etc.) dirigé par
Pierre-Karl Péladeau et le Groupe Gesca qui contrôle la Presse à Montréal, Le
Soleil à Québec, le Nouvelliste à Trois-Rivières, Le Droit à Ottawa-Gatineau, La
Tribune de Sherbrooke, Le Quotidien de Saquenay et la Voix de l’Est de Granby
(source : http://publicite.gesca.ca/) dirigé
par Power corporation qui est la propriété de Paul Desmarais. Ici il peut être
pertinent de spécifier que " plusieurs anciens premiers ministres canadiens ont travaillé pour Power Corporation : Brain Mulroney, Jean Chrétien, Paul Martin, etc. »(source :
Donc, que reste-t-il comme choix pour s’informer en français au
Québec. Il reste les médias sociaux. Par contre, certains diront que parfois
l’information qu’on y retrouve y est douteuse, c’est vrai. Au Québec, on a la
chance d’avoir le Devoir, le seul journal indépendant.
Il reste que pour être bien informé et non être la cruche que
certains voudraient qu’on soit, il est bon de diversifier ses sources
d’information. Voici un exemple d’information que les médias n’ont pas voulu
sortir. Je reprends ici un exemple tiré du livre de Normand Baillargeon « Petit Guide
d’autodéfense intellectuel », publié en 2002 : « Les
médias procèdent souvent à une dichotomisation des faits et de leur
interprétation, mettant l'accent sur ceci et minorant cela. Mais cela ne se
vérifie pas toujours: dans certains cas, on note plutôt une occultation complète
de certains faits — dont chacun doit comprendre qu'il ne serait
pas
bien élevé de les évoquer. L'implication canadienne dans les ventes
d'armements militaires constitue un bon exemple de ce que je veux dire
ici.
Certes l'image qu'on nous projette sans cesse est celle d'un Canada
gentil, gardien de la paix. Mais cela ne résiste pas à l'analyse et à
l'observation. C'est ainsi que la portion du budget militaire du pays consacrée
aux missions de paix n'en représente qu'une infime fraction et est même bien
loin de s'approcher du montant de nos ventes d'armes, le Canada restant un des
premiers vendeurs d'armes au monde.
Le Abbotsford
International Airshow est un cas concret particulièrement intéressant à
examiner. Cette foire aux armes se tient à Vancouver (depuis 1961) et elle est
désormais mondialement connue, du moins de ceux qui vendent et achètent de
l'armement militaire: plus de 70 pays, des milliers de délégués et de gens
d'affaires y accourent pour rencontrer des tas d'entreprises vendant des joujoux
à tuer, dont notre assisté social Bombardier, mais aussi les bien-de-chez-nous
Marconi et Bristoal Aerospatiale.
Comment cette foire aux armes est-elle couverte par les grands
médias ? La réponse est sans équivoque, mais prévisible: elle ne l'est
pas.
Distinguons le cas du Québec de celui du Canada anglais. Au Québec,
j'ai eu beau chercher de diverses manières dans une banque de données, depuis
1985 on recense une poignée d'articles évoquant la Foire d'Abbotsford. Aucun
n'est critique, aucun n'explique qu'il s'agit de ventes d'armes. Typiquement, on
évoque une simple foire aéronautique, ici on nous rappelle que le bureau du
Québec de Vancouver participe à cet événement qui a “un rayonnement
international” (Les Affaires,
09-09-1995, p. 9), là que “le Canada a l'oeil sur le marché asiatique en
expansion” et “entend attirer des acheteurs” (Le Devoir, 06-09-1996,p. A8),ou
encore que nos entreprises (dont Bombardier) sont attirées là pour prendre une
part “au lucratif marché canadien des pièces de moteur d'avion” (La Presse, 06-08-1997,p. B7). Bref:
ça crée de l'emploi et c'est tout ce que le public pourra
savoir.
Au Canada anglais, la situation diffère un peu, surtout en
Colombie-Britannique.
C'est que là, le public est tout près. Résultat ? On ne parle pas
non plus de ventes d'armes et les dimensions militaires de l'affaire sont
entièrement gommées; mais en conformité avec les dossiers préparés par les
firmes de relation publique, la foire, comme l'a constaté le politicologue Ron
Dart qui a étudié sa présentation dans les médias, est décrite comme “un bénin
divertissement familial”. Ce qui n'est pas un mince succès du système
d'endoctrinement. »
Je mets ici le lien le discours (http://www.wd-deo.gc.ca/fra/82_13073.asp) d’une ministre du gouvernement Harper fait l’an passé lors de
l’évènement afin de" réaffirmer l'engagement du gouvernement du gouvernement du Canada envers un secteur de l'aérospatiale et de la défense fort et dynamique dans l'Ouest canadien" (tiré du communiqué
de presse publié par la ministre Lynne Yelish : http://www.wd-deo.gc.ca/fra/77_13063.asp)
En conclusion, être vraiment informé et pouvoir se faire une vraie
opinion, ce n’est pas d’écouter les opinions des autres, mais bien prendre les
moyens et s’informer adéquatement pour se faire sa propre
opinion.
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