mercredi 9 mai 2012

Débat Gauche Droite: ça veut dire quoi ?


Le débat actuel sur les droits de scolarité met de plus en plus l’emphase sur la gauche et la droite, mais ça veut dire quoi exactement ? Est-ce que je peux être pour la grève étudiante, mais aussi pour la libre entreprise? Être pour des services privés en santé, mais pour des bonnes conditions de travail syndiqué? etc. Voici une brève explication de la différence gauche droite. Ci-bas vous trouverez un lien pour une boussole politique afin de vous y situer. Vous m’en donnerez des nouvelles.
Voici les réponses de Gil Delannoi, chercheur en politique :
« Traditionnellement, la droite est plutôt attachée au maintien, à la conservation. La gauche est plutôt tournée vers le changement. C’est pourquoi, en général, on est plutôt de droite dans les milieux riches ou aisés, pour préserver ses richesses. Et on est plutôt de gauche dans les milieux modestes, pour espérer avoir une vie meilleure.
À droite, l’idée dominante est que la société n’est pas si mal faite. Qu’il faut corriger quelques‑uns de ses défauts, mais que, dans l’ensemble, elle est satisfaisante. À gauche, même si l’on sait que tout n’est pas possible, on a plutôt tendance à vouloir améliorer la société. Et des principes de base sont remis en cause comme par exemple, la place de l’argent et les problèmes d’inégalités. » (source : http://1jour1actu.com/france/c%E2%80%99est-quoi-la-droite-et-la-gauche/)

Afin de bien se situer entre la gauche et la droite, voici un lien vers la boussole politique : http://www.politicalcompass.org/ (en anglais seulement) par contre avec un traducteur ça ce répond bien.



mercredi 2 mai 2012

S'informer, un choix politique ?


Plusieurs « gauchistes » se plaignent du traitement de l’information par les médias traditionnels. Les trouvant parfois soit trop complaisant avec la droite, soit trop porté à défendre les intérêts de plus riches et laissant complètement les préoccupations des personnes, de la classe moyenne, sauf pour les divertir. Comme si l’information était seulement pour ceux qui la méritent, soit les « bienpensants » de notre société. Les faits leur donnent peut-être raison...


Quand on regarde les faits, on constate qu’au Québec, les principaux médias sont contrôlés par deux principaux groupes. Québecor Média qui contrôle le journal de Mourial et de Québec ainsi que plusieurs médias locaux (c’est sans parler de la télévision, Vidéotron, les revues, etc.) dirigé par Pierre-Karl Péladeau et le Groupe Gesca qui contrôle la Presse à Montréal, Le Soleil à Québec, le Nouvelliste à Trois-Rivières, Le Droit à Ottawa-Gatineau, La Tribune de Sherbrooke, Le Quotidien de Saquenay et la Voix de l’Est de Granby (source : http://publicite.gesca.ca/) dirigé par Power corporation qui est la propriété de Paul Desmarais. Ici il peut être pertinent de spécifier que " plusieurs anciens premiers ministres canadiens ont travaillé pour Power Corporation : Brain Mulroney, Jean Chrétien, Paul Martin, etc. »(source :

Donc, que reste-t-il comme choix pour s’informer en français au Québec. Il reste les médias sociaux. Par contre, certains diront que parfois l’information qu’on y retrouve y est douteuse, c’est vrai. Au Québec, on a la chance d’avoir le Devoir, le seul journal indépendant.
Il reste que pour être bien informé et non être la cruche que certains voudraient qu’on soit, il est bon de diversifier ses sources d’information. Voici un exemple d’information que les médias n’ont pas voulu sortir. Je reprends ici un exemple tiré du livre de Normand Baillargeon « Petit Guide d’autodéfense intellectuel », publié en 2002 : « Les médias procèdent souvent à une dichotomisation des faits et de leur interprétation, mettant l'accent sur ceci et minorant cela. Mais cela ne se vérifie pas toujours: dans certains cas, on note plutôt une occultation complète de certains faits — dont chacun doit comprendre qu'il ne serait pas
bien élevé de les évoquer. L'implication canadienne dans les ventes d'armements militaires constitue un bon exemple de ce que je veux dire ici.
Certes l'image qu'on nous projette sans cesse est celle d'un Canada gentil, gardien de la paix. Mais cela ne résiste pas à l'analyse et à l'observation. C'est ainsi que la portion du budget militaire du pays consacrée aux missions de paix n'en représente qu'une infime fraction et est même bien loin de s'approcher du montant de nos ventes d'armes, le Canada restant un des premiers vendeurs d'armes au monde.
Le Abbotsford International Airshow est un cas concret particulièrement intéressant à examiner. Cette foire aux armes se tient à Vancouver (depuis 1961) et elle est désormais mondialement connue, du moins de ceux qui vendent et achètent de l'armement militaire: plus de 70 pays, des milliers de délégués et de gens d'affaires y accourent pour rencontrer des tas d'entreprises vendant des joujoux à tuer, dont notre assisté social Bombardier, mais aussi les bien-de-chez-nous Marconi et Bristoal Aerospatiale.
Comment cette foire aux armes est-elle couverte par les grands médias ? La réponse est sans équivoque, mais prévisible: elle ne l'est pas.
Distinguons le cas du Québec de celui du Canada anglais. Au Québec, j'ai eu beau chercher de diverses manières dans une banque de données, depuis 1985 on recense une poignée d'articles évoquant la Foire d'Abbotsford. Aucun n'est critique, aucun n'explique qu'il s'agit de ventes d'armes. Typiquement, on évoque une simple foire aéronautique, ici on nous rappelle que le bureau du Québec de Vancouver participe à cet événement qui a “un rayonnement international” (Les Affaires, 09-09-1995, p. 9), là que “le Canada a l'oeil sur le marché asiatique en expansion” et “entend attirer des acheteurs” (Le Devoir, 06-09-1996,p. A8),ou encore que nos entreprises (dont Bombardier) sont attirées là pour prendre une part “au lucratif marché canadien des pièces de moteur d'avion” (La Presse, 06-08-1997,p. B7). Bref: ça crée de l'emploi et c'est tout ce que le public pourra savoir.
Au Canada anglais, la situation diffère un peu, surtout en Colombie-Britannique.
C'est que là, le public est tout près. Résultat ? On ne parle pas non plus de ventes d'armes et les dimensions militaires de l'affaire sont entièrement gommées; mais en conformité avec les dossiers préparés par les firmes de relation publique, la foire, comme l'a constaté le politicologue Ron Dart qui a étudié sa présentation dans les médias, est décrite comme “un bénin divertissement familial”. Ce qui n'est pas un mince succès du système d'endoctrinement. »
Je mets ici le lien le discours (http://www.wd-deo.gc.ca/fra/82_13073.asp) d’une ministre du gouvernement Harper fait l’an passé lors de l’évènement afin de" réaffirmer l'engagement du gouvernement du gouvernement du Canada envers un secteur de l'aérospatiale et de la défense fort et dynamique dans l'Ouest canadien" (tiré du communiqué de presse publié par la ministre Lynne Yelish : http://www.wd-deo.gc.ca/fra/77_13063.asp)

En conclusion, être vraiment informé et pouvoir se faire une vraie opinion, ce n’est pas d’écouter les opinions des autres, mais bien prendre les moyens et s’informer adéquatement pour se faire sa propre opinion.